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01Terrassement

Assainissement et drainage en Essonne (91)

L'eau ne se chasse pas, elle se conduit. La question n'est jamais « comment l'enlever » mais « où elle va, et est-ce que ce point-là peut la recevoir ».

  • Raccordement au réseau collectif et boîte de branchement en limite
  • Séparation des eaux usées et des eaux pluviales : deux réseaux, deux destins
  • Terrassement et tranchées pour installation d'assainissement non collectif
  • Drain périphérique en pied de mur, sur lit filtrant
  • Puisard, tranchée d'infiltration ou noue selon la perméabilité mesurée
Deux grilles d'avaloir en fonte encastrées dans un pavage mouillé, filet d'eau ruisselant vers elles
Avaloirs d'eaux pluviales sur une surface imperméabilisée — photo d'illustration

L'eau ne s'évacue pas, elle se conduit. Tant qu'on n'a pas répondu à la question « où va-t-elle finir, et cet endroit peut-il la recevoir ? », on ne conçoit rien : on déplace le problème de quelques mètres.

Sous le mot « assainissement » se rangent en réalité deux chantiers qui n'ont ni les mêmes règles, ni les mêmes exutoires, ni la même autorité de contrôle. Les eaux usées — celles des WC, de la cuisine et de la salle de bains — doivent être traitées avant de rejoindre le milieu naturel. Les eaux pluviales — celles de la toiture, des terrasses et des surfaces imperméabilisées — ne sont pas polluées par nature et se gèrent d'abord sur la parcelle. Confondre les deux est l'erreur la plus coûteuse du domaine.

Eaux usées, eaux pluviales : deux réseaux, deux destins

La règle de base est celle de la séparation. Un réseau collecte les eaux usées, un autre les eaux pluviales, et ils ne se rejoignent pas sur la parcelle. Cette séparation n'est pas une élégance de plan : c'est ce qui évite qu'un orage sature la station d'épuration et provoque un déversement au milieu naturel, et c'est ce que la quasi-totalité des règlements d'assainissement communaux imposent aujourd'hui pour toute construction ou réhabilitation.

  • Le raccordement au réseau collectif concerne les parcelles desservies par un collecteur public. Le Code de la santé publique impose alors le raccordement des eaux usées dans un délai de deux ans à compter de la mise en service du collecteur. La partie publique du branchement relève du service assainissement ; la partie privative, entre la maison et la boîte de branchement en limite de propriété, est à la charge du propriétaire.
  • La boîte de branchement est le point de rencontre entre les deux. Placée en limite, accessible, elle permet le contrôle et le curage sans entrer dans la maison. Une installation sans boîte de branchement est une installation qu'on ne pourra ni contrôler ni déboucher proprement.
  • L'assainissement non collectif (ANC) concerne les parcelles hors réseau. La filière — fosse toutes eaux et traitement, tranchées d'épandage, filtre à sable, ou dispositif agréé — se conçoit à partir d'une étude de sol et se fait valider par le SPANC (service public d'assainissement non collectif) de votre intercommunalité, avant travaux puis à leur achèvement.

Les eaux pluviales : d'abord, d'où vient l'eau ?

Un terrain humide ne l'est pas toujours pour la raison qu'on croit. Avant de creuser, il faut distinguer trois origines, parce qu'elles n'appellent pas la même réponse.

  • Les eaux de ruissellement de surface. Elles arrivent du terrain voisin, de la route ou d'une pente. Le remède est en surface : reprofilage, noue, caniveau, redirection. Un drain enterré ne les verra même pas passer.
  • Les eaux de toiture. Une toiture de maison individuelle collecte à chaque averse un volume considérable, concentré en quatre ou cinq points de chute. Si les descentes se déversent au pied du mur, aucun drainage périphérique ne suffira jamais.
  • L'eau du sol elle-même. Nappe proche, sous-sol argileux qui retient, venue d'eau à l'interface entre deux couches. Là, le drain enterré a un sens.

Dans les vallées de l'Essonne — Orge, Juine, Essonne, Renarde — le fond de vallée est alluvionnaire et la nappe est souvent haute. Sur les plateaux, on rencontre plutôt le cas inverse : un limon qui laisse passer l'eau posé sur une couche moins perméable, avec de l'eau qui circule à l'interface et ressort en pied de talus.

Tester avant de dimensionner

Le drain périphérique

Gros plan sur un lit de pierres concassées grises aux arêtes vives, de calibre régulier
Concassé à arêtes vives, matériau de lit de pose et de drainage — photo d'illustration

C'est l'ouvrage classique en pied de mur enterré. Il n'est efficace que si chacun de ses éléments est respecté — et c'est rarement le cas sur les drains qu'on découvre en reprise.

  • Il se pose au niveau de la semelle, pas à mi-hauteur du mur. Un drain posé trop haut ne rabat pas l'eau sous le niveau du plancher.
  • Il a une pente continue vers son exutoire. Un drain posé à plat est une réserve d'eau le long de vos fondations.
  • Il est entouré de matériau drainant — gravier roulé lavé — sur une épaisseur suffisante, et non simplement posé dans la terre.
  • Il est séparé du sol par un géotextile qui laisse passer l'eau mais retient les fines. Sans lui, les particules de terre colmatent le gravier puis les fentes du drain : l'ouvrage meurt silencieusement en quelques années.
  • Ses fentes sont orientées vers le bas. Contre-intuitif, mais c'est ainsi qu'il capte la nappe qui remonte plutôt que l'eau qui descend.
  • Il comporte des regards de visite aux angles, pour pouvoir l'inspecter et l'hydrocurer. Un drain sans regard est un drain qu'on ne pourra jamais entretenir.

Et surtout : un drain a besoin d'un exutoire. Vers un point bas du terrain, un puisard, un fossé, ou un réseau lorsque le règlement local l'autorise. S'il n'y a pas d'exutoire, il n'y a pas de drainage.

Infiltrer : puisard, tranchée ou noue

  • Le puisard d'infiltration concentre l'infiltration sur un point. Compact, il convient aux sols perméables en profondeur et aux terrains où la place manque.
  • La tranchée drainante répartit l'infiltration sur une longueur. Elle fonctionne mieux quand la couche perméable est proche de la surface, et elle est plus tolérante au colmatage qu'un puisard.
  • La noue est un fossé large et peu profond, engazonné, qui stocke temporairement l'eau et l'infiltre lentement. C'est la solution la moins chère à créer et la plus facile à entretenir, quand le terrain offre la place.

Dans tous les cas, le dispositif se dimensionne sur un volume d'eau à gérer — surface de toiture et surfaces imperméabilisées — et sur la capacité d'absorption mesurée. Pas sur une taille standard.

Deux prestations, deux prix — et ce n'est pas une contradiction

On voit circuler des prix de drainage qui vont de 30 à 400 € le mètre. Ce n'est pas de l'incohérence : ce sont deux ouvrages différents qu'on désigne par le même mot.

Ce qui provoque la moitié des problèmes

Avant d'engager un drainage, trois vérifications simples valent souvent mieux qu'un ouvrage enterré :

  1. Les descentes de gouttière se déversent-elles au pied du mur ? Les raccorder à un réseau enterré qui les emmène plus loin règle un nombre surprenant de cas de murs humides.
  2. Le terrain a-t-il une pente vers la maison ? Un reprofilage de quelques centimètres sur deux mètres autour du bâtiment détourne le ruissellement avant qu'il n'atteigne le mur.
  3. Les regards et grilles existants sont-ils bouchés ? Feuilles, terre et racines suffisent à mettre hors service un réseau qui fonctionnait très bien.

Si ces trois points sont corrects et que le problème persiste, alors le drainage se justifie — et il sera efficace.

Le lien avec le retrait-gonflement des argiles

Sol argileux desséché, craquelé en larges plaques polygonales séparées par des fentes de retrait
Sol argileux en période de retrait : les fentes s'ouvrent en séchant — photo d'illustration

Sur un sol argileux, l'objectif n'est pas d'assécher le terrain mais de stabiliser sa teneur en eau. Ce sont les variations — gonflement en hiver, rétraction en été — qui fissurent les maisons, pas l'humidité en elle-même.

C'est pourquoi, sur ces terrains, on cherche à éloigner les rejets d'eau du bâtiment, à limiter l'évaporation différentielle au pied des murs, et à tenir compte des arbres proches, dont les racines assèchent localement le sol en période sèche. Un abattage ou un dessouchage près d'une maison sur argile n'est d'ailleurs jamais anodin : l'arrêt du pompage racinaire peut provoquer un regonflement du sol.

L'exposition de votre parcelle au retrait-gonflement se consulte librement sur le portail Géorisques, et figure sur chaque page commune de ce site.

Questions fréquentes

Quelle différence entre eaux usées et eaux pluviales ?

Les eaux usées sont celles des WC, de la cuisine et de la salle de bains : elles doivent être traitées avant de rejoindre le milieu naturel. Les eaux pluviales viennent de la toiture, des terrasses et des surfaces imperméabilisées : elles ne sont pas polluées par nature et se gèrent d'abord sur la parcelle. La règle de base est celle de la séparation — un réseau pour chacune, et ils ne se rejoignent pas sur le terrain. C'est ce qui évite qu'un orage sature la station d'épuration, et c'est ce qu'imposent la quasi-totalité des règlements d'assainissement communaux pour toute construction ou réhabilitation.

Suis-je obligé de me raccorder au tout-à-l'égout ?

Si votre parcelle est desservie par un collecteur public d'eaux usées, oui : le code de la santé publique impose le raccordement dans un délai de deux ans à compter de la mise en service du collecteur. La partie publique du branchement relève du service assainissement de la commune ; la partie privative, entre la maison et la boîte de branchement en limite de propriété, est à la charge du propriétaire. Hors réseau, l'installation relève de l'assainissement non collectif et se fait valider par le SPANC de votre intercommunalité, avant travaux puis à leur achèvement.

Un drain périphérique règle-t-il tous les problèmes d'humidité ?

Non, parce que toutes les eaux ne viennent pas du sol. Il faut distinguer trois origines : le ruissellement de surface, qui se traite en surface par reprofilage ou noue et qu'un drain enterré ne verra jamais passer ; les eaux de toiture, qui représentent un volume considérable concentré en quelques points de chute et qu'aucun drainage périphérique ne compensera si les descentes se déversent au pied du mur ; et l'eau du sol elle-même, seul cas où le drain enterré a un sens.

Pourquoi faut-il un test de perméabilité avant un puisard ?

Parce qu'envoyer de l'eau dans un puisard creusé dans un sol qui n'absorbe pas revient à construire une piscine enterrée. On mesure la capacité réelle du sol à absorber, à la profondeur envisagée : on creuse, on sature, puis on chronomètre la vitesse à laquelle le niveau descend. Un sol sableux peut absorber les eaux d'une toiture entière dans un ouvrage compact, un sol argileux imposera un ouvrage bien plus étendu, voire un autre exutoire.

Pourquoi mon ancien drain ne fonctionne-t-il plus ?

Le plus souvent parce qu'il a été colmaté. Sans géotextile de séparation, les particules fines du sol migrent dans le gravier drainant puis dans les fentes du drain, et l'ouvrage meurt silencieusement en quelques années. Les autres causes fréquentes sont un drain posé trop haut, au-dessus du niveau de la semelle, un drain posé à plat sans pente continue, ou l'absence d'exutoire réel. Un drain sans regards de visite ne peut de toute façon jamais être inspecté ni hydrocuré.

Faut-il assécher un terrain argileux ?

Non — l'objectif est de stabiliser sa teneur en eau, pas de l'assécher. Ce sont les variations, gonflement en hiver et rétraction en été, qui fissurent les maisons, pas l'humidité en elle-même. On cherche donc à éloigner les rejets d'eau du bâtiment, à limiter l'évaporation différentielle au pied des murs, et à tenir compte des arbres proches. Abattre ou dessoucher un arbre près d'une maison sur argile n'est d'ailleurs jamais anodin : l'arrêt du pompage racinaire peut provoquer un regonflement du sol.

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